SFR : 1er bilan après l'arrivée de Free Mobile

 SFR : 1er bilan après l'arrivée de Free Mobile

Après Orange et Bouygues Telecom, SFR est le troisième opérateur de réseau à faire le bilan depuis l'arrivée sur le marché de Free Mobile le 10 Janvier dernier.
Résulat : le deuxième opérateur mobile français a perdu environ 200.000 clients sur les mois de janvier et février, a annoncé le président du directoire de Vivendi. Selon Jean-Bernard Lévy, dont le groupe diversifié contrôle SFR, cela représente 'à peu près 1%' des 21 millions de clients de téléphonie mobile. 'Le positionnement de prix du nouvel entrant Free nous impose de réagir et nous avons baissé les prix dans les jours qui ont suivi l'arrivée' de la filiale d'Iliad sur le marché français, a-t-il rappelé lors d'une conférence téléphonique de présentation des résultats du groupe. 'Evidemment nous perdons des abonnés, c'est normal dans un monde où un nouvel entrant arrive', et, 'dans tous les cas de figure, les opérateurs existants perdent des abonnés au bénéfice du nouvel entrant', a-t-il reconnu.


Du fait de cette concurrence nouvelle, le résultat brut d'exploitation (Ebitda) de SFR devrait reculer de 12% à 15% cette année, a indiqué Jean-Bernard Lévy, dans un entretien accordé au quotidien économique les Echos. 'Nous devons nous ajuster à la nouvelle donne', a-t-il reconnu. Et cela passe par un 'serrement de boulons' dans la gestion du groupe, sur lequel il ne donne aucune précision. Il mentionne simplement que l'opérateur devra 'réexaminer (ses) coûts, de manière systématique, tant sur les investissements que sur l'exploitation'. Il n'est pas le seul à annoncer ainsi qu'il faudra 'serrer les boulons' : Bouygues Telecom a dévoilé mercredi un plan de 300 millions d'euros d'économies de coûts pour faire face à la baisse attendue de son chiffre d'affaires en 2012 dans un contexte de concurrence exacerbée par l'arrivée de Free Mobile. La filiale de Bouygues a perdu 159.000 clients dans la téléphonie mobile entre le 1er janvier et le 15 février, dont 134.000 ont migré vers Le nouvel acteur du marché.


Mais alors que les deux autres opérateurs qui avaient annoncé leur bilan s'étaient efforcés de relativiser l'impact de Free Mobile, Jean-Bernard Lévy, lors de sa conférence téléphonique, n'a pas hésité à critiquer le rôle joué par l'Etat dans la genèse du quatrième opérateur sur le marché français du téléphone mobile. Avant de menacer à mots couvert de porter l'affaire devant la justice. Dans son entretien aux Echos, il a dénoncé pêle-mêle 'les faveurs et les contorsions' qu'il a fallu pour que l'offre de Free Mobile voie le jour, 'le rôle joué par les pouvoirs publics hier pour l'attribution de la licence, aujourd'hui devant l'absence de couverture réelle' du territoire par le nouvel entrant. 'L'Etat est partout dans cette affaire', a-t-il lancé. 'Les pouvoirs publics et le régulateur ont tout fait pour aboutir à l'émergence d'une quatrième opérateur mobile et l'opérateur lui loue son réseau dans des conditions opaques. Dans notre analyse, il y a donc bien entendu un aspect juridique'.


Pour lui, il est en outre 'patent' que 'des questions d'une gravité particulière se posent sur le respect par Free de ses obligations de couverture'. Il faisait référence au fait que nombre d'opérateurs accusent 'le trublion de l'internet' de ne pas respecter ses engagements en matière de réseau, même si le régulateur Arcep l'a encore blanchi mercredi. Jean-Bernard Lévy dénonce enfin la 'myopie' dont ont fait preuve les pouvoirs publics en favorisant une 'démarche purement consumériste', qui risque d'avoir un impact négatif sur tout 'l'écosystème numérique' et de limiter la contribution de l'économie numérique au développement du pays.

source : TF1 News

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